Le petit faisan est parti

L’autre matin, Aliénor, le petit faisan doré, est parti. Il a dit à Françoise : « Ciao, mama. Je m’en vais. Je suis grand maintenant. Je veux voir le vaste monde. Si je repasse dans le coin, promis : je viendrai faire un petit coucou. » Nous attendons toujours.

Ce petit, c’était un vrai rayon de soleil. Un petit lutin des bois qui se couvrait d’or peu à peu comme un arbre en automne. Quand il était parmi nous, il nous faisait caqueter de plaisir à le voir si vif, si léger, si agile.

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Il était né dans le printemps, en couveuse, le seul de la couvée. Françoise l’avait donc élevé comme un petit tout seul, qui a besoin d’être beaucoup tenu dans les mains, parce qu’il n’a ni la douce chaleur d’une maman, ni même celle de frères et soeurs. Or, tout le monde sait bien que nous avons tous besoin d’être touchés.

 

C’est un jeune d’aujourd’hui, Aliénor. Il a grandi avec Internet , les séries américaines et Aliénor et GribouilleFacebook. Mais il a choisi d’aller vivre dans les bois, en petit lutin qu’il est.

 

 

 

 

 

Je vois bien que Françoise a le coeur gros. L’autre jour, elle m’a dit qu’elle avait perdu un trésor. Bien sûr, il y a Betty Plume, la petite soeur plus jeune de 18 jours.IMG_2649 Mais pour Françoise, chacun de nous est unique et personne ne remplace personne. Elle a peur qu’il ait rencontré le renard, ou pire, un chasseur. Elle a peur qu’il ait froid ou faim ou soif. Elle voudrait juste le voir traverser le fond du terrain, de loin, histoire de savoir qu’il va bien…

 

 

Mais le petit faisan reste sourd à ses appels. Il ne se montre pas.

Élascotte a attrapé le coryza

Symptômes

On s’en est rendu compte tout de suite l’autre matin, en se réveillant à l’aube : Élascotte sentait mauvais, ce qui n’est pas son habitude, et elle était toute chose sur son perchoir. Mais dans la pénombre du poulailler, on ne pouvait rien dire de plus.

Quand on est sorties, là, c’est devenu évident. L’oeil gauche d’Élascotte était tout enflé et à voir son oeil droit, on aurait dit qu’elle avait vingt ans… au moins.  Son nez coulait et son bec était rempli d’une sorte de liquide. Elle n’a pas touché à notre petit déjeuner. Puis elle nous a suivies péniblement quand nous sommes montées vers la maison. Là,  elle s’est collée sous un arbuste et elle n’a plus bougé : elle filait un mauvais coton. Elle avait attrapé le coryza.

 

Traitement

Françoise n’a fait ni une ni deux. Elle ne lui a pas demandé son avis : elle lui a administré un traitement antibiotique qui a duré 7 jours mais qui faisait déjà effet dès le troisième. Ce traitement, Françoise ne l’a pas sorti de sa poche. Dès que l’une de nous ne va pas bien, elle appelle SOS Gallinacés. Et hop ! on est guéries. Presque toujours.

SOS Gallinacés

S’il y a un site à fréquenter et un numéro de téléphone à avoir quand on possède des poules, c’est bien ceux de SOS Gallinacés .  C’est encore mieux que le vétérinaire ; John et Stauk, qui le gèrent, savent de quoi ils parlent. Ils sont précis et compétents. Et pour eux, chaque poule est un individu, dont il faut s’occuper individuellement. Savoir qu’ils existent est un grand réconfort pour des poules comme nous.

 

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Élascotte convalescente et en mue.

Bref ! aujourd’hui, Élascotte va très bien. Elle a retrouvé sa bonne odeur, son bec sec, son appétit et ses beaux battements d’ailes.

 

Je ne suis qu’une poule mais j’aime savoir que nous ne sommes pas seules face à la mort et qu’il y a des gens qui oeuvrent à nous en protéger.

 

Commencement

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Photo de Hans Verwoerd

 

Et si une poule décidait d’ouvrir le bec. Et si elle se mettait à raconter ce qui fait le sel de ses jours, ses joies, ses chagrins, les heures passées sur la crête des bonheurs de la vie…